À Florence.
Trois heures cinquante-huit. Par-delà la fenêtre de ma chambre, les lumières de la ville palpitent. J'ai cet air de piano dans la tête, comme une mélopée lancinante, et je me téléporte sous la lueur des réverbères que l'on a plantés ça et là, pour éclairer Absence et Vide, ces êtres nus, froids, condamnés. Je chancelle sous ces lueurs vaporeuses et timides tandis que les remous de ma pensée semblent vouloir s'accorder aux compressions du vent qui me déséquilibre. Je sollicite ce qui me reste de conscience pour égrener nos instants de vie que j'ai su sauvegarder dans ma mémoire malgré le temps, malgré tout. Les souvenirs se consument, et rien alors n'est plus céleste que la nostalgie s'évadant en cendre vers les cieux, depuis lesquels les constellations ont naguère embelli mes nuits de claustration volontaire. Je suis au seuil d'un état de torpeur, et ces secondes n'ont rien de délectable, c'est un sentiment de peur qui me happe, me fauche toute entière. Tu me reviens en image, et j'en ai le souffle coupé. Je suis prostrée au milieu de nulle part, je faillis au souvenir de ta voix qui m'appelait. Je redoute ces sentences de la vie qui nous astreignent à désapprendre comment garder autrui en nous. Mais ni tes gestes, ni tes rires; ni tes regards, ni tes soupirs, je n'oublierai rien de toi, parce que ton absence n'a en rien rompu le cordon de vie qui nous lie et relie, encore. Tout ce tumulte à l'intérieur se joue dans un silence rigide et opaque. Je sens le chagrin compresser ma poitrine lorsque je pense pouvoir t'exhumer pour te faire naître à nouveau, te ranimer, te guérir et te sauver. Ainsi, je prolonge mes espoirs aux confins d'une existence sans merci, m'accrochant obstinément au scénario d'une vie moins foirée. L'air de piano s'intensifie pour l'efflorescence des réminescences sacrées, pour me donner l'illusion frénétique de ta présence. Les néons des réverbères maintenant s'éteignent, le jour vient fêler la nuit, je jette un regard avide à ces ruines qui autrefois constituaient ma suprématie, et je pars rejoindre ceux parmi lesquels je me sens presque seule.
Trois heures cinquante-huit. Par-delà la fenêtre de ma chambre, les lumières de la ville palpitent. J'ai cet air de piano dans la tête, comme une mélopée lancinante, et je me téléporte sous la lueur des réverbères que l'on a plantés ça et là, pour éclairer Absence et Vide, ces êtres nus, froids, condamnés. Je chancelle sous ces lueurs vaporeuses et timides tandis que les remous de ma pensée semblent vouloir s'accorder aux compressions du vent qui me déséquilibre. Je sollicite ce qui me reste de conscience pour égrener nos instants de vie que j'ai su sauvegarder dans ma mémoire malgré le temps, malgré tout. Les souvenirs se consument, et rien alors n'est plus céleste que la nostalgie s'évadant en cendre vers les cieux, depuis lesquels les constellations ont naguère embelli mes nuits de claustration volontaire. Je suis au seuil d'un état de torpeur, et ces secondes n'ont rien de délectable, c'est un sentiment de peur qui me happe, me fauche toute entière. Tu me reviens en image, et j'en ai le souffle coupé. Je suis prostrée au milieu de nulle part, je faillis au souvenir de ta voix qui m'appelait. Je redoute ces sentences de la vie qui nous astreignent à désapprendre comment garder autrui en nous. Mais ni tes gestes, ni tes rires; ni tes regards, ni tes soupirs, je n'oublierai rien de toi, parce que ton absence n'a en rien rompu le cordon de vie qui nous lie et relie, encore. Tout ce tumulte à l'intérieur se joue dans un silence rigide et opaque. Je sens le chagrin compresser ma poitrine lorsque je pense pouvoir t'exhumer pour te faire naître à nouveau, te ranimer, te guérir et te sauver. Ainsi, je prolonge mes espoirs aux confins d'une existence sans merci, m'accrochant obstinément au scénario d'une vie moins foirée. L'air de piano s'intensifie pour l'efflorescence des réminescences sacrées, pour me donner l'illusion frénétique de ta présence. Les néons des réverbères maintenant s'éteignent, le jour vient fêler la nuit, je jette un regard avide à ces ruines qui autrefois constituaient ma suprématie, et je pars rejoindre ceux parmi lesquels je me sens presque seule.

