Nuit d'automne, diminuendo.

Nuit d'automne, diminuendo.
À Florence.

Trois heures cinquante-huit. Par-delà la fenêtre de ma chambre, les lumières de la ville palpitent. J'ai cet air de piano dans la tête, comme une mélopée lancinante, et je me téléporte sous la lueur des réverbères que l'on a plantés ça et là, pour éclairer Absence et Vide, ces êtres nus, froids, condamnés. Je chancelle sous ces lueurs vaporeuses et timides tandis que les remous de ma pensée semblent vouloir s'accorder aux compressions du vent qui me déséquilibre. Je sollicite ce qui me reste de conscience pour égrener nos instants de vie que j'ai su sauvegarder dans ma mémoire malgré le temps, malgré tout. Les souvenirs se consument, et rien alors n'est plus céleste que la nostalgie s'évadant en cendre vers les cieux, depuis lesquels les constellations ont naguère embelli mes nuits de claustration volontaire. Je suis au seuil d'un état de torpeur, et ces secondes n'ont rien de délectable, c'est un sentiment de peur qui me happe, me fauche toute entière. Tu me reviens en image, et j'en ai le souffle coupé. Je suis prostrée au milieu de nulle part, je faillis au souvenir de ta voix qui m'appelait. Je redoute ces sentences de la vie qui nous astreignent à désapprendre comment garder autrui en nous. Mais ni tes gestes, ni tes rires; ni tes regards, ni tes soupirs, je n'oublierai rien de toi, parce que ton absence n'a en rien rompu le cordon de vie qui nous lie et relie, encore. Tout ce tumulte à l'intérieur se joue dans un silence rigide et opaque. Je sens le chagrin compresser ma poitrine lorsque je pense pouvoir t'exhumer pour te faire naître à nouveau, te ranimer, te guérir et te sauver. Ainsi, je prolonge mes espoirs aux confins d'une existence sans merci, m'accrochant obstinément au scénario d'une vie moins foirée. L'air de piano s'intensifie pour l'efflorescence des réminescences sacrées, pour me donner l'illusion frénétique de ta présence. Les néons des réverbères maintenant s'éteignent, le jour vient fêler la nuit, je jette un regard avide à ces ruines qui autrefois constituaient ma suprématie, et je pars rejoindre ceux parmi lesquels je me sens presque seule.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 10 novembre 2009 08:08

Modifié le mardi 10 novembre 2009 08:57

Reset

# Posté le samedi 12 juillet 2008 16:33

Cloud n°8

Cloud n°8
Il faut admettre que les assauts du temps font de nous de mauvais alchimistes. Et je ne vous parle pas de notre soif d'absolu. A l'ère de l'aliénation la plus totale, où l'éphémère est plus que tout valorisé, voilà que les Grands Principes s'étiolent. Alors on traîne, on s'égare, on hésite. Quoi de mieux qu'une vaine errance pour masquer son tourment ? Qu'y a-t-il de plus rassurant ? S'attribuer un rôle compensatoire et le mener très haut dans le contrôle. Sic sit. Vérité et illusion se disputent nos convictions. Et ?... et rien. On s'en contrefout avec une aisance de maître, ou bien on se débrouille pour s'obstruer la vue derrière un tissu d'apparences qui nous préserve de voir les grands rêves s'ankyloser. Ca frôle l'absurde, non ? Tu comptes faire quoi maintenant ? Cliquer droit sur mon image animée et te l'approprier tranquillos ? ouais vas-y, c'est ça. Je t'ai vu venir ! Siiiiiiiiii siiiiiiiiii

# Posté le lundi 07 juillet 2008 17:59

Piège identitaire

Piège identitaire
Ne commence pas la lecture de cet article si tu n'aimes pas réfléchir, ou si t'as très mal au ventre.

Notre manière d'être affiche aux gens notre manière de comprendre le monde... ou peut-être de ne pas le comprendre.

J'ai besoin que tu analyses cette phrase qui te captive tant, que tu lui donnes son sens le plus vrai possible parce qu'a priori elle n'en a aucun, que tu la fasses résonner en toi ; fais en sorte qu'elle t'habite, pour que désormais tu la prononces avec prétention en public en y ajoutant "dixit Marjorie, mon maître à penser", comme si t'avais tout compris sur tout avec cette phrase grâce à laquelle tu as hérité d'un pouvoir révélateur.
Relis-la 100 fois si besoin est. Au-delà de ce nombre, tu risques la crise d'épilepsie, or moi je te nuis bien plus subtilement, et ça tu le kiffes sereinement.
Je suscite ta curiosité parce que je suscite ta curiosité. Je te montre comment il est aisé d'avoir un impact sur toi, et comment je peux en jouer. Surtout comment ils peuvent en jouer. Je fais de toi ma bille. Je te lance sur mon terrain, et tu roules, parce que je sais comment te manoeuvrer; le drame c'est que ça te séduit dangereusement. Et là j'éprouve le plaisir rassasié de dominer la situation parce que j'ai pu t'entraîner là où je le voulais.


Sauf qu'à mon tour... j'en ai perdu ma lucidité.

# Posté le samedi 14 juin 2008 03:49

Modifié le samedi 14 juin 2008 05:04

Kenna // Make Sure They See My Face

Kenna // Make Sure They See My Face
Un article pour vous signaler d'urgence l'existence d'un album purement frais de chez purement frais !!!


Kenna - Make sure they see my face


Américain d'origine éthiopienne, Kenna nous livre un album au style indéfinissable tant il est riche ! Les influences se mélangent pour un résultat dynamique et original. Il faut dire que l'artiste a été bien épaulé : ses potes les Neptunes - dont la réputation n'est plus à faire - ont chaleureusement participé à la production du bijou. Quel bonheur de les retrouver ceux-là...
Mais la mention revient particulièrement à l'artiste et sa voix de Thom Yorke version black nous révélant des lyrics sensibles et puissants. Un pur plaisir auditif et bien plus (mais qu'est-ce que "bien plus" ? ahaha blague à part).
Bref, un album comparable à un voyage vers des planètes de sentiments absolus et insondables !!! Oui, je parle comme ça quand j'suis passionnée.



Tracklisting

1 · Daylight
2 · Out Of Control
3 · Loose Wires / Blink Radio
4 · Say Goodbye To Love
5 · Sun Red Sky Blue
6 · Baptized In Blacklight
7 · Static
8 · Phantom Always
9 · Face The Gun / Good Luck
10 · Better Wise Up
11 · Be Still
12 · Wide Awake
13 · Rockaway Life (bonus track)



Autres titres :

1 · War In Me
2 · Love Hate Sensation
3 · Hellbent
4 · Yeneh Ababa (Rose)

# Posté le dimanche 18 mai 2008 04:02

Modifié le jeudi 07 mai 2009 11:36